PARIS ROI DU FINISH
Comme lors de la dernière finale, Paris a battu Clermont (23-17) et encore une fois sur le fil. Cette première journée a vu des scores très serrés (aucun bonus offensif). Biarritz a concédé le nul (15-15) devant Albi, Toulouse a gagné sans panache (23-17) chez le promu dacquois. L'USAP s'est incliné (12-19) à Montpellier, Bayonne a gagné à Brive (22-21).
Samedi: Paris toujours béni au SDF, mais Clermont a encore vendu chèrement sa peau
Ce Championnat promet d'être serré, très serré. Et passionnant. Cette première journée en a probablement offert un aperçu. Aucune des quatorze équipes n'a étalé sa supériorité sur son adversaire ni gagné par un écart supérieur à treize points. Les ténors ont peiné et même souffert face à des opposants réputés de bien moins gros calibres, à l'image de Biarritz, contraint au nul à domicile devant Albi ou Perpignan vaincu à Montpellier. Enfin, la nouvelle règle du bonus offensif, octroyé aux formations inscrivant trois essais de plus que leur adversaire, n'a séduit personne.
Les Paris-Clermont se suivent et se ressemblent cette année. Comme en finale du dernier Top 14, sur la pelouse du même Stade de France, le Stade Français qui l'avait alors emporté (23-18), est sorti presque pareillement victorieux (23-17) d'une rencontre au final étourdissant. Mais avec un scénario différent. En juin dernier, il avait couru perpétuellement derrière le score avant de renverser le cours de la finale dans les ultimes secondes. Cette fois, les hommes du président Max Guazzini, dont l'imagination avait encore animé l'avant-match de l'enceinte dyonisienne pratiquement pleine à ras bord (75 620 spectateurs), ont mené durant quasiment toute la partie quand, à 23-17 en leur faveur, Cudmore le 2e ligne auvergnat marquait à la 80e minute l'essai qui pouvait ramener les Clermontois à un point et les faire gagner en cas de transformation possible de James. Mais l'arbitre, M. Poite, décidait d'autorité de refuser l'essai sans même faire appel à la vidéo à laquelle il avait pourtant droit de recourir, considérant que le Canadien avait rampé avant d'aplatir. Paris avait auparavant réalisé une partie pleine de bonnes intentions, marquant deux essais signés Mirco Bergamasco et Brian Liebenberg en première période, contre deux pénalités de Brock James, et menait 10 à 6 à la pause face à des Auvergnats également très entreprenants. Paris reprenait un peu le large après la reprise grâce à un drop de Liebenberg et un troisième essai de Saubade, qui lui donnait alors le bonus offensif (la nouvelle règle offrant un point de bonus aux équipes qui inscrivent trois essais de plus que leur adversaire). Mais Clermont ne se décourageait nullement et un essai de Broomhall ramenait les jaunards à six points du Stade Français. Quand Cudmore passait la ligne d'en but parisienne... Paris est toujours invaincu en Championnat au Stade de France depuis que Max Guazzini y organise les matches de gala.
Biarritz, sans ses quatre internationaux français (Thion, Betsen, Traille et Harinordoquy) au repos une semaine après la fin du Mondial, ni Nicolas Brusque (coude) absent pour un mois, a très mal démarré sa saison, concédant le nul (15-15) à Aguiléra devant Albi. Les Tarnais ont contrecarré les rares bonnes initiatives des demi-finalistes de l'an passé et ex-doubles champions de France, incapables d'ouvrir des brèches dans le dispositif défensif des hommes d'Eric Béchu. Mathieu Maillard a inscrit au pied tous les points du SCA. L'un des grands rivaux des Basques pour les demi-finales, Perpignan, a déjà connu un gros coup d'arrêt (12-19) à Montpellier où il a subi dans le flambant neuf stade Yves-du-Manoir la loi des hommes de Didier Nourault. Son homologue Jacques Brunel a bien mal entamé son mandat, peu aidé il est vrai par les quatorze joueurs blessés ou au repos qui manquaient à l'effectif catalan. Le jeune ouvreur François Trinh-Duc a été décisif en inscrivant un essai et un drop. Cédric Rosalen et sa légendaire précision (quatre pénalités sur quatre) n'y ont rien pu. Autre ambitieux à avoir connu des difficultés voire de la souffrance, Bourgoin ne s'est imposé (10-8) devant Montauban que grâce à un essai de pénalité (54e) et après une partie bien laborieuse qu'il aurait pu perdre sans le manque de réussite de Sébastien Fauqué (six coups de pied manqués dont deux drops). Les promesses nées des matches d'avant-saison (six victoires, notamment contre Paris et Toulouse) se sont déjà envolées. L'absence prolongée d'Olivier Milloud (six mois) ne devrait pas arranger de moral des Isérois.
Brive a carrément manqué son entrée en s'inclinant face à Bayonne (21-22). Le club de Patrick Sébastien, dont la communication tous azimuts finit peut-être par inhiber ses joueurs, à l'instar de Maxime Petitjean (d'abord impeccable puis soudainement sous pression avec deux drops ratés dans les dernières secondes), a échoué dans la majorité de ses entreprises. Et s'est fait déborder en fin de match sur un essai de Gower alors que Richard Dourthe (cinq pénalités) avait maintenu les Basques à flot jusque-là. Castres a en revanche réussi à entamer sa saison par une victoire (25-12), face à l'un des deux promus, Auch. Les Gersois ont offert une honnête résistance mais ont cédé devant l'expérience du plus haut niveau des Tarnais qui ont inscrit le seul essai du match par leur centre anglais Philip Christophers. Romain Teulet, avec son pied toujours aussi précieux (aucun échec), a fait le reste.
Vendredi : Toulouse, sérieux, assure la victoire à Dax
Toulouse a fait le nécessaire pour s'imposer (15-10) chez l'un des deux promus lors du match avancé. Les Haut-Garonnais s'en sont remis au pied de Jean-Baptiste Elissalde, promu à l'ouverture derrière la prestigieuse recrue néo-zélandaise, Byron Kelleher, qui tenait la mêlée des hommes de Guy Novès. Elissalde a inscrit les quinze points de son équipe, tous en première période, grâce à quatre pénalités et un drop à la sirène. Les Haut-Garonnais étaient certes amputés de quelques-uns de leurs mondialistes français, comme Clerc et Pelous. Mais même avec ceux des Tricolores qui étaient présents (Poitrenaud, Heymans, Elissalde au coup d'envoi et Nyanga et Poux en seconde période) et les étrangers (Kelleher et F. Maka), ils n'ont jamais pu franchir la ligne d'en-but adverse malgré une domination territoriale presque constante. Les hommes de Marc Lièvremont, dont c'était la dernière sortie à Maurice-Boyau après sa nomination à la tête de la sélection française, ont de leur côté crânement défendu leurs chances, mais en commettant trop de fautes, toutes mises à profit par Elissalde en première période. Leur opiniâtreté a été récompensée en toute fin de match par un essai d'Hiriart, qui leur offrait le bonus défensif, récompensant leurs initiatives durant quatre-vingt minutes.